Art(iste)s

Au début mon billet du 29 nov. 2020, En attendant l’avis du Conseil d’État : recourir à l’IEF ou l’empêcher, de quel droit ?, la première illustration capture la vidéo d’un morceau interprété par quatre enfants, dont Alana, 10 ans1Juste avant un lien d’un morceau du groupe L.E.J (Lucie, Elisa et Juliette) ; pour un morceau de 2025, v. par ex. « Mimi (Visualizer) », 3 oct. ; la dernière renvoie à la lecture d’un « immense classique (…) du grand Victor Hugo » par Mohamed-Iyad Smaïne, 15 ans.

Dès le deuxième paragraphe, je cite Médine, qui figurait parmi les personnes remerciées dans ma thèse (2017, p. 8). Je procédais alors par allusion à quelques morceaux qui m’ont parlé, entre mes phases d’écriture ; cette note vise à étendre cette liste, à partir des renvois plus explicite faits sur ce site2Explicite qui peut se conjuguer avec des choix qui parlent en/de soi : ainsi, lorsque je tirais prétexte de la sortie d’un clip du groupe L.E.J (v. supra), en parvenant pour une fois à un billet assez bref, De Kylian Mbappé à Olympe de Gouges, 20 juill. 2018, je signalais mon intérêt pour le football ; précisant les choses, v. celui du 23 mars 2024, Villarreal/OM : retour sur un cas d’école(s – fermées !), ainsi que ma note et Sports (avec un « s » comme dans futsal)..

Dans mon billet du 31 mars 2025, Résister à l’islamophobie genrée est « un sport de combat », je précisais à la note 12 que la dernière de ces personnes est Gaël Faye3Je faisais aussi allusion, quelques lignes plus haut, à Souad Massi ; v. « D’ici, De là-bas (Clip officiel) », 16 janv. 2026 (feat. Gaël Faye). – à partir des « Écrits d’adolescents » d’Edgar Sekloka (6 nov. 2011, avec cet extrait commenté sur genius.com), avant d’ajouter : dans mon appartement grenoblois, j’avais affiché au-dessus d’un bureau cet article intitulé « Diam’s, l’émancipation féminine par le rap », lemonde.fr 18 oct. 2003 (extrait : v. la photo ci-contre, prise par une amie – alors que je venais de lire Stéphanie Binet, « Kery James sans les violons », Le Monde 28 juill. 2020, p. 21, revenant sur les choix faits, après le 11 juin 1999, par l’artiste d’Ideal J ; « Akhenaton, également musulman, lui prête main-forte en lui conseillant de se faire aider par le compositeur Bruno Coulais, avec qui le membre d’IAM vient d’enregistrer la bande originale du film Comme un aimant. Il lui fait aussi rencontrer le percussionniste Daniel Ciampolini. Pour remplacer les violons, les chœurs sont abondamment utilisés ». C’est aussi en 2020 que j’ai prêté attention à l’insertion, dans la seconde édition de cette BO, de « Nicole – Tout ce temps perdu », FULL CLIP 2 juin 2017).

[Paragraphes réservés].

Je déplace également ici la fin de la note 14, où l’on trouvait – après avoir cité Amel Bent4« Tourné dans la Drôme [le diois, plus précisément], le film Ma Frère avec Amel Bent [,Fanta Kebe et Shirel Nataf] est sorti dans les salles », ledauphine.com 7 janv. 2026 ; j’espère aller le voir. et Hatik –, des exemples de références à Diam’s5En découvrant l’album Millénium de Suzane (v. infra), le 1er février seulement, j’en ai relevé une dans « Un sens à tout ça », 25 sept. 2025 (titre dont la recherche m’a conduit à celui de Scylla, « Tout a un sens », 6 mars 2013). : v. « Poupiya » de NEJ’ (1er mars 2020), ce short récent d’Imen Es & Lynda (juste avant la sortie d’« Introspection », 25 févr. 2025) et, deux ans auparavant, cette phrase : « Même sans avoir vu son documentaire, j’comprends Mélanie » (« Imen Es en interview : la haine, les critiques… « Je préfère me justifier en musique » », chartsinfrance.net 15 avr. 2023). Fondatrice en 2015 d’un « média dédié aux femmes et aux LGBT+ dans le hip hop », Éloise Bouton a référencé « 13 rappeuses françaises avant Diam’s » (madamerap.com 12 juin 2023) et « 150 (…) depuis » (29 nov. 2019) ; entretemps, elle a pu y voir « un modèle un peu étouffant et écrasant pour certaines jeunes artistes » (citée par Charlotte Bahuon, « Pourquoi Diam’s reste-t-elle la référence du rap français, 12 ans après sa retraite », ouest-france.fr 23 juill. 2021).

À la note précédente, je confiais que réécouter « Ma souffrance », le 20 mars 2025 (audio officiel le 22 déc. 2016, avec une sorte d’interlude in fine), m’avait conduit à reparcourir quelques supports réalisés ou projetés pour mes activités pédagogiques en milieu carcéral ; dans un mail du 18 janvier 2021, je proposais à mes collègues d’aborder les violences conjugales à partir des clips officiels du duo Imen Es/Alonzo, « 1ère fois » (25 mars) et « Dernière fois » (11 déc. 2020), intéressants pour échanger sur les stéréotypes et la violence de genre6Notre « retour réflexif sur cette expérience » (2021, p. 109) a un titre inspiré d’une phrase dénichée par mon binôme Herrick Mouafo (ledauphine.com 25 févr. 2023, S. M. évoquant in fine sa « mission à Diffa, au Niger, pour une organisation qui travaille avec l’ONU », de novembre 2022 à 2025) ; il se termine en citant à nouveau Édouard Glissant (v. récemment Roger Martelli, « De la « créolisation » et de la « nouvelle France » », regards.fr 20 févr. 2025), mais aussi bell hooks (pp. 110-111), référence chère à mireille baurens (pour l’une de ses interventions depuis, « Égalité filles – garçons : le rôle fondamental de l’école », 16 déc. 2022)..[Paragraphe réservé].

Dans son livre sur la culture du viol7Note à venir ; v. en l’état la deuxième – à la fin – de mon billet du 30 juin 2025, ÉVAR(S), ainsi que la troisième (citant Dr Kpote, Pubère la vie. À l’école des genres, éd. du Détour, 2025, p. 254) et, dans celui du 31 mars 2025, la 15ème (citant une autre reparution, cette fois de Michèle Le Dœuff, Cheveux longs, idées courtes. Sexisme, philosophie et culture du viol, payot-rivages.fr févr. 2025)., Bérénice Hamidi écrit que l’idée selon laquelle le rap serait « porteur d’un discours explicitement pro-(culture du) viol (…) est en partie (…) fausse (…), parce que ce genre musical a été pionnier dans la dénonciation des violences de genre, des violences conjugales en particulier. Le sujet est une tendance lourde des sons des années 2000, bien avant#MeToo. Les scènes sont souvent racontées de l’intérieur, depuis un point d’un vue d’ancien enfant impuissant, peiné et admiratif de la résilience d’une mère idéalisée, mais compréhensif avec un père dont les violences sont remises dans le contexte des violences sociales et raciales que lui-même subissait » (Le viol, notre culture, éd. du Croquant, 2025, p. 49, renvoyant à Anissa Rami, « Violences conjugales : comment le rap français en parle ? », bondyblog.fr 18 nov. 2020 – à partir de l’analyse d’Ouafa Mameche, « chroniqueuse rap et fondatrice des éditions Faces cachées »). Page suivante, l’autrice cite comme exemples « Sans (re)Pères » (2003) de Tunisiano et Blacko », puis le morceau de la même année « de l’inoubliée Diams » (v. en l’état les notes 12 à 15, spéc. 13, de mon billet préc. [en gras]).

En note 55 du billet précité, je cite le film Hors-jeu ; v. ma note Sports et, récemment, Christophe Kantcheff, « « Un simple accident », de Jafar Panahi (Compétition) », politis.fr 21 mai 2025 ; Camille Paix, « Les cinéastes iraniens se déchirent autour du film de Saeed Roustayi », Libération le 15, p. 27 (extrait : « Cette année, dans un Festival où les conflits du monde ont une résonance particulière, une querelle feutrée fait rage, une guerre fratricide aux allures de sac de nœuds. Début mai, après l’ajout à la compétition officielle de Woman and Child de Saeed Roustayi, des cinéastes iraniens indépendants ont signé une lettre ouverte appelant le Festival de Cannes à reconsidérer cette sélection, Roustayi s’étant selon eux compromis avec le régime en acceptant les règles de la censure, notamment en faisant porter le hijab à ses actrices ») : « Mohammad Rasoulof, qui a dû fuir l’Iran l’an dernier après la sélection à Cannes de son film les Graines du figuier sauvage pour échapper à la prison, est venu à la rescousse de son compatriote : « Pour moi, il existe une distinction claire entre les films de propagande de la République islamique et les films réalisés sous les contraintes de la censure » ».

Le mois précédent, je suis allé assister à « La pièce “À huis clos”, avec Kery James, à la Comédie du 10 au 12 avril », ledauphine.com 1er avr. 2025 ; écouter l’entretien de Christophe Bernard avec son directeur, Marc Lainé, metteur en scène de la pièce (23 min., francebleu.fr les 11-13 ; v. encore J.M., « “À huis clos”, un face-à-face subtil sur fond de violences policières », bienpublic.com le 12 et, auparavant, son morceau « Amal [Clip Officiel, réalisé par Leïla Sy] », 7 nov. 2018).

Capture d’écran de L’œil du cyclone (france.tv 2025 ; ici.radio-canada.ca/tele), une « série sur la charge mentale » (kotv.ca), divertissante et parsemée de répliques assez savoureuses comme celle – située au terme de la saison 2 – saluant le fait « d’avoir le courage de manquer de jugement d’une aussi belle façon »… : la troisième s’ouvre sur un secret très éloigné de ce qu’Isabelle (Christine Beaulieu) était allée imaginer…

Vingt ans après la loi Handicap, à la quatrième illustration de mon billet daté du 11 févr. 2025 (ajoutée le 24 juin ; v. aussi ci-contre), je cite Louis-David Gauthier ; sourcant la citation qui suit, la légende initiale était que le personnage de Charlie était son « 1er rôle récurrent » en 2022 (bottin.uda.ca ; v. aussi Marie-Josée R. Roy, « Rien n’est impossible », lapresse.ca 8 avr. 2024 : s’« il est maintenant artiste professionnel », c’est grâce « au Regroupement pour la trisomie 21 » et à « la comédienne Geneviève Néron, rencontrée » en 2016).

À la sixième illustration, Sylvie et Gabrielle Cavé figurent à côté de la chanteuse Louane ; elle est reprise depuis l’article de Dolores Mazzola (à partir du reportage de Ozlem Unal et Hugo Chapelon, « (…) Gabrielle, malvoyante et hyperactive, privée d’établissement scolaire », france3-regions.francetvinfo.fr 26 mars 2025), laquelle écrivait : « « Aidez-moi ». Gabrielle n’hésite pas à interpréter d’une petite voix légère ce titre qui parle à la fille et à la mère. « J’aime cette chanson parce qu’elle dit que parfois, elle a envie de tout casser, de tout balancer ! Cette musique, elle m’aide. Elle a fait plein de chansons qui me correspondent ! » » ; à la note 43, je reprenais une autre citation, évoquant Lino Ventura ; v. ma note relative aux fondations Perce-Neige et Un ptit truc en plus.

Au terme de ce billet, je cite l’« artiste et chercheuse » No Anger (entretien avec, par Marie Kirschen [le 19 oct. 2022]), « La sexualité des personnes handicapées est infantilisée », La Déferlante févr. 2023, n° 9, p. 88 (extrait), spéc. pp. 90-91 ; la citation se poursuivait initialement comme suit : « À un moment, Frollo [un des personnages de Notre-Dame de Paris, de Victor Hugo] prononce cette phrase à l’encontre de Quasimodo : « Bossu ! Boiteux ! Borgne ! Violeur ! ». Cela a été, pour moi, enfant, très violent d’entendre qu’on assimilait le handicap au viol, car ça m’a donné l’impression que le simple fait de désirer quelqu’un·e le ou la violenterait, que le désir d’une personne handicapée n’allait pas de soi et que c’était quelque chose de dangereux. La re-sexualisation de mon corps est donc tout d’abord passée par la réappropriation de mon désir sexuel. M’autoriser, quand les conditions sont réunies, à l’exprimer. (…) Les manières de faire du sexe ne sont pas figées dans des scripts préconçus et réservés à certains types de corps. (…) Dans beaucoup de productions culturelles, les personnages handicapés servent soit de ressorts tragiques, soit de supports narratifs pour exhorter à plus de performances et, donc, de productivité. [Suit une phrase déplacée en créant la note Validisme , le 5 févr. 20268J’y cite cet entretien de Charlotte Puiseux (avec, par Catherine Robert), « Qu’est-ce que le validisme ? », artcena.fr 18 avr. 2025, qui se conclut comme suit : « Il est des idéaux régulateurs qu’on ne questionne même plus : comme le remarque Judith Butler, il est très compliqué de trouver des failles pour essayer de les remettre en question. Des artistes s’y emploient cependant. Lesquels ? S’il faut en citer quelques-uns en en oubliant sans doute, je dirais : Sins invalid, troupe d’artistes crip qui font des spectacles et des performances ; No Anger, le collectif ostensible et Lucie Camous ; Anaïs Ghedini et Marguerite Maréchal, de la collective Handi·es Tordu·es ; Marianne MULAKOZè. Mais aussi, les poèmes de Med’H, les dessins de Mathilde (La Vie à croquer) ou de Rizzo Boring, ou encore les spectacles de Sofia Valdiri Mendez ou de Corinne Lepage ».]. En tant que militante, je m’oppose à ce que ces représentations dominantes du corps handicapé éclipsent ainsi la possibilité de produire d’autres images moins fantasmées et plus ancrées dans l’expérience des personnes handicapées (…) ».

Capture d’écran de « Ramy – Saison 3 (6/10), Disponible jusqu’au 30/03/2026 » (arte.tv) ; en écho, v. cet échange : « – La prison me fait du bien (…) ; les frères m’ont bien accueilli ? – Les Frères musulmans ? Non, pas ces frères-là, mais… on est aussi des frères, et on est musulmans, ça c’est sûr. – D’accord, désolé, c’est juste que t’as beaucoup… changé. – Non, j’aime pas ce mot-là, « changer », je préfère « grandir » ; mais au fait, c’est Zainab [Zeynab] qui t’a envoyé ? Ce sont des gens bien mais c’est pas Allah, je peux pas Ramy, je veux plus avoir affaire à ces soufis (…). Il ne faut rire qu’à l’humour halal Ramy » (fin de l’épisode 9 ; à propos de cette série, v. la note 17 de mon billet du 30 juin 2025)

Dans mon billet daté du 31 mai 2025, Sur les établissements privés (et les « frères ») musulmans, je cite la série Ramy : v. la troisième illustration (ajoutée le 9 nov. et reprise ci-contre), puis la fin de la note 14, avant de signaler le film Les Aigles de la République ; je n’ai pas encore vu ce thriller de Tarik Saleh (2h09, avec Fares Fares, Lyna Khoudri, Zineb Triki, Amr Waked), mais lu et écouté quelques « critiques cinéma », notamment celle alors citée, puis du « du Masque et la plume », rappelant qu’il « clôt une trilogie commencée en 2017 avec Le Caire confidentiel puis La Conspiration du Caire », en 2022 (radiofrance.fr/franceinter/podcast 16 nov. 2025 : « film féroce et courageux, ou histoire filmée avec platitude ? » ; v. auparavant Clément Colliaux, liberation.fr extrait le 11 – critiquant son absence de « profondeur politique » –, Samra Bonvoisin, cafepedagogique.net le 12 – y voyant au contraire le « film de la semaine » – et Alexandre Mallet‑Guy, cnc.fr 14 nov. – pour qui il « reste avant tout un film de divertissement »).

Je n’ai surtout pas encore cité, dans ce billet, un morceau de Médine que j’écoute souvent, « Stentor », clip officiel le 30 avr., à partir des paroles commentées sur genius.com : « J’suis pas Stanislas, un peu Averroès / Pur produit de l’école publique, avant l’uniforme unique / Où l’on remplace pas les instits, mais on compte les élèves absents à l’Aïd » (v. respectivement mes notes relatives à Stanislas, Averroès et Nicole Belloubet (à venir), mes billets des 20 mai 2018 et 11 nov. 2024, spéc. ma thèse, 2017, p. 3479Page citée pour introduire aux faits à l’origine de la punchline de Médine : « Élèves absents pour l’Aïd : le ministère de l’intérieur admet avoir demandé une évaluation mais pas un fichage », lemonde.fr avec AFP 21-22 mai 2023 (à propos de ce premier communiqué de SUD éducation, v. ma note AESH) ; questions au Gouvernement par François Piquemal et Sabrina Sebaihi (NUPES), questions.assemblee-nationale.fr le 24, n° 874 et 892 : « FICHAGE (…) » ; « L’éducation nationale doit garantir la neutralité de l’État : rappel des droits des personnels et des élèves à célébrer les fêtes musulmanes », sudeducation.org 29 mai 2025 : « Cette année, dans plusieurs départements, les demandes d’autorisation d’absence pour la fête de l’Aïd El Fitr, ont donné lieu à des excès de zèle contraires à la loi et la laïcité par certain·es membres de la hiérarchie de l’Éducation Nationale. Les collègues ont demandé en avance une autorisation d’absence pour fête religieuse le lundi 31 mars qui a été accordée. Suite à l’annonce par le recteur de la Mosquée de Paris, que la fête se tiendrait le dimanche 30 mars en France, certain·es chef·fes d’établissements, IEN ou chef·es de services sont au dernier moment revenu·es sur l’autorisation accordée » ; leurs « conceptions théologiques », contraire à la séparation d’avec les églises, les conduisaient à trancher entre les deux dates…).) ; s’agissant de la phrase que j’ai mise en italiques, v. sa reprise au début de ce texte, rédigé à l’attention des magistrat·es du tribunal correctionnel de Valence : attestation (8 oct. 2025_9-10 nov.), 4 p. ; lors de l’audience du 16, Olivier Esteves l’utilisera également pour son propre compte, un peu avant 14h. J’insère encore un lien pour esquisser le commentaire des rimes qui suivent : « La fin du monde, c’est la fin du mois / Et dans l’arc républicain, y a pas beaucoup d’Robin des Bois » (v. « Médine : « Le rap, c’est aussi une intelligence sociale » », France Inter 14 mai 2025).

Dans le morceau « Médine France » (clip officiel le 25 mars 2022), il avait notamment ces phrases, elles aussi commentées sur genius.com : « J’suis pas Made in Qatar, nique le foot et l’soft power / La World Cup 2022 est pleine de sang d’bosseurs ». J’y ai pensé plusieurs fois alors que j’assistais à quelques matchs de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), fin 2025 (v. les développements à venir de mes notes Sports et Maroc).

Pour mon billet daté du 30 nov. 2025, École inclusive (1)…, une inspiration revient à ce morceau de Kery James, « Constat Amer (clip) » (22 mars 2013), sans trouver de lien à faire entre ces clip et titre – d’autant que ce dernier a été choisi à la hâte quelques heures avant d’embarquer pour Rabat.

Capture d’écran depuis le compte Instagram keryjamesofficial 5 déc. 2025

Vendredi 28 novembre sortait son huitième album solo, intitulé R.A.P (Résistance, Amour et Poésie) : l’une des punchlines qui m’ont immédiatement marqué, notamment pour une raison que je révélerais ultérieurement, peut s’entendre et se lire sur ce clip, « tourné l’hiver dernier lors de [se]s vacances familiales en Afrique d’où [se]s ancêtres ont été déportés pour Haïti » ; d’inspiration Kompa, ce morceau « s’appelle #Jacmel en référence à la ville dont [s]a mère est originaire (v. le lien sous la capture ci-contre ; sur sa chaîne YouTube, « JACMEL [clip officiel] », 5 déc. 2025) ; c’est seulement un mois plus tard que j’ai remarqué que cette provocation à penser l’histoire coloniale constitue en réalité une reformulation : « Je me prends pour Toussaint Louverture bottant le cul de Bonaparte » (Kery James featuring Youssoupha & Lino10J’ai écrit ces lignes au lendemain de l’annonce de la mort du grand frère de Gaëlino M’Bani (Lino), Calboni (wikipedia.org/Calbo 4-5 janv. 2026)., « Musique nègre », Track 12 on Mouhammad Alix, genius.com 30 sept. 2016 ; cette année-là, Quentin Girard écrivait sur liberation.fr le 31 juillet : « Sur Napoléon et le cul, il y aurait une série entière à écrire »11« La fesse cachée du cul », numéro 14 des 37 épisodes de la « chronique du cahier été de Libé » ; la dernière avait été publiée il y a bientôt dix ans, le 26 août 2016 ; j’aime bien la fin, qui n’est pas sans lien avec l’approche de l’éducation à la sexualité comme un droit, prohibant seulement de « préconiser un comportement sexuel déterminé » : CEDH, 7 déc. 1976, Kjeldsen, Busk Madsen et Pedersen contre Danemark, n° 5095/71, 5920/72 et 5926/72 (cité en ce sens à la page 1194 de de ma thèse, 2017) ; pour une formule très proche, v. cette année CE, 27 juin 2025, Juristes pour l’enfance et a., n° 501820, cons. 20 – cité à la note 23 de mon billet du 30, ÉVAR(S)..

Mercredi 10 décembre, j’ai assisté à la pièce Notre procès, « une réflexion croisée sur la liberté d’expression et la qualification d’une situation témoignant d’un non-consentement, en imaginant un procès à l’époque contemporaine, faisant revenir l’auteur d’entre les morts »12Emmanuelle Saulnier-Cassia, « Le théâtre des violences sexuelles devant la justice (3) : Notre procès de Bérénice Hamidi et Gaëlle Marti », actu-juridique.fr/culture 16 déc. 2025 ; comme cette dernière et Stéphanie Hennette-Vauchez, l’autrice de ce billet est professeure de droit public. Elle poursuit : « Mais ce n’est pas le poète qui est placé sur le banc des accusés plus de deux siècles après son exécution pendant la Terreur, c’est une candidate à l’agrégation qu’il poursuit pour diffamation. Cette infraction pénale entraînant une atteinte à l’honneur ou à la vie privée est le délit le plus couramment invoqué en matière littéraire, en particulier par ceux se reconnaissant dans une œuvre d’autofiction, comme l’a également récemment théâtralisé Adrien Barazzone dans sa pièce, Toute intention de nuire [2024-2025, inspirée d’« A. Arzoumanov (et la chaire Colibex) », 2022 ; v. la note 5]. Afin d’arriver à leur fin, les autrices, et également metteuses en scène, s’affranchissent de quelques règles de procédure pénale élémentaire » (et de développer, en présentant les universitaires qui la jouent [bien, pour autant que je puisse en juger !] ; « sont bien réelles, quasiment dans leurs propres rôles, les deux amici curiae convoquées sur scène. Hélène Merlin-Kajman, physiquement sur le plateau, professeure émérite de littérature à l’université Sorbonne Nouvelle (…), tout comme Laure Murat, en vidéo projetée sur l’écran en fond de scène, professeure au département d’études françaises et francophones de l’université de Californie-Los Angeles »). ; v. l’ouvrage précité de Bérénice Hamidi, à propos d’André Chénier13Bérénice Hamidi, ouvr. préc., pp. 69-70 à propos d’« André Chénier, auteur du XVIIIe siècle », mis en cause en 2017 par des « agrégatives, par ailleurs militantes féministes », pour son poème « L’Oaristys » (terme emprunté de Théocrite) : « Tout le script de la scène de séduction repose en effet sur le brouillage des repères. Le poème est structuré par le refus de la bergère, réitéré par huit fois, de céder aux avances du berger… avant de s’achever, suite à une ellipse, sur un après suggérant clairement que l’acte a été consommé ». Page suivante, l’autrice relève que la question de « l’impossibilité où se trouve le personnage féminin de céder librement à son désir sans se soucier des conséquences sociales qu’elle aura à subir [est confondue avec] le fait de savoir si c’est à son propre désir qu’elle finit par céder ou à celui du berger qui la contraindrait à un acte sexuel auquel elle se résignerait sans le désirer. Autrement dit, le poème travaille à empêcher de reconnaître et de qualifier d’agression ce sexe non consenti. Il produit une zone grise qu’il esthétise et érotise. La question n’est pas tant de savoir si la scène représente un viol que de comprendre que certaines lunettes et certains angles permettent de voir les agressions tandis que d’autres empêchent de les voir ou plutôt permettent de ne pas les voir. La zone grise peut ainsi être considérée comme une entreprise de floutage des points de vue et de la qualification des faits. Et le problème n’est pas que dans les œuvres et les cerveaux d’hier (…) »..

Début 2026, j’ai notamment été touché par cet entretien avec Sonia Devillers de « Youssoupha : « La vie me rapproche de Balavoine petit à petit » », France Inter 21 janv. 2026 (quelques jours avant « sa création “Amour suprême pour Balavoine” dans le cadre de l’Hyperweekend festival ce 25 janvier à la Maison de la Radio et de la Musique » ; durant cette émission sont citées des paroles de l’artiste : celles du « titre « Dieu est grande » »14Paroles que j’avais moi-même retranscrites au terme de mon billet du 4 févr. 2018, De Marie Curie à Paul Langevin (ajout le 9 nov. 2025, alors que je les avais déjà citées, dans un contexte privé, dès le 12 janv.)., puis de ce featuring avec Suzane qui m’avait échappé, dans lesquelles « il se décrit lui-même avec lucidité : « Je suis juste15« Encore », selon les paroles précises de ce « feat. avec Youssoupha », v.Suzane, « Plus que moi », 25 sept. (version live sur cliquetv, instagram.com le 3 oct.). V. auparavant la chanson qu’elle a « composée avec Valentin Marlin [ecardfr.com], Clip réalisé par Andréa Bescond [wikipedia.org] », 24 avr. ; le mois suivant, Suzane expliquait dans Quelle époque ! le 10-12 avoir initialement envisagé de la placer, « pourquoi pas, dans une track list d’album, mais alors peut-être un peu cachée, en [s]e disant bon ben, qui tombera dessus tombera dessus »… Dans un entretien avec Luc Lorfèvre (« Suzane sort « Millenium », un reflet des rêves et des désillusions de la génération Y : « Le procès Pelicot a aussi contribué à libérer ma parole » », parismatch.be 26 sept.), « l’artiste avignonnaise de 34 ans » confie : « Je fais partie des femmes qui ont dû se construire sur un viol. C’est arrivé quand j’étais très jeune, avant que je sois artiste. Je me suis longtemps tue. J’avais essayé de mettre ça derrière moi, mais ce n’était pas réglé. Quand je l’ai écrite, j’étais dans une période où je ne dormais plus. J’avais des flashbacks, la dépression me guettait. Je me suis dit que j’avais ma plume et mon piano pour me bagarrer [suit la phrase reprise dans le titre ; v. aussi cette note] » ; v. enfin ce texte de Jean-Marc Le Scouarnec, « Le volcan Suzane prêt pour de nouvelles éruptions », blog.culture31.com le 21). un homme en chantier » »).

Vendredi 23, je suis allé voir ce film que ces critiques m’avaient donné envie de voir : Marie Sauvion, « Cannes 2025 : avec “La Petite Dernière”, Hafsia Herzi s’empare brillamment du roman de Fatima Daas », telerama.fr 16-25 mai (extrait) ; Sandra Jumel, « (…) Fatima n’est pas une femme », le 21 (en référence à la formule célèbre de Monique Wittig) : « Le film se construit comme une antithèse de La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche : le film qui avait reçu la Palme en 2013, et pour lequel les actrices avaient dénoncé les pratiques du réalisateur (…)16Sandra Jumel poursuit : « Ici, le sexe est suggéré » ; ce n’est pas tout à fait vrai, autant prévenir les personnes prudes…. De La Graine et le Mulet, qui avait propulsé l’actrice, on retrouve certains gros plans sur les bouches qui engloutissent les pâtisseries, mais pas la méthode de Kechiche, qui poussait ses acteur·rices jusqu’à l’épuisement pour tirer d’eux le substrat de la vie. La réalisatrice, originaire des quartiers Nord, filme Fatima comme sa mère l’entoure : avec amour » ; bande-annonce d’advitamdistribution.com oct.

Je pensais réutiliser le pass Télérama de ma mère lors du dernier jour de ce festival de cinéma – avec la projection en avant-première du film d’Hasan Hadi, Le gâteau du président (tandemfilms.fr 4 févr. 2026) –, mais j’ai finalement opté pour l’accompagner, lundi 26 janvier, pour celui d’Oliver Laxe – qui a remporté le Prix du Jury 2025 à Cannes ; v. « Sergi López, acteur : « Sirât est un appel à vivre chaque instant comme quelque chose de précieux » », FRANCE 24 9 sept. 2025 (en étant bien incapable d’anticiper ce à quoi nous attendre, nous avions été attiré·es par le cadre – désertique, à la frontière mauritanienne du Maroc – dans lequel il a été tourné ; v. le billet de Youssouf Ba : « en Mauritanie, un système éducatif en péril », 18 déc. 2019, en attendant celui déjà annoncé sur le Maroc).

Note créée le 22 déc., enrichie – et illustrée – les 31 janv., 1er et 5 févr.

Notes

1 Juste avant un lien d’un morceau du groupe L.E.J (Lucie, Elisa et Juliette) ; pour un morceau de 2025, v. par ex. « Mimi (Visualizer) », 3 oct.
2 Explicite qui peut se conjuguer avec des choix qui parlent en/de soi : ainsi, lorsque je tirais prétexte de la sortie d’un clip du groupe L.E.J (v. supra), en parvenant pour une fois à un billet assez bref, De Kylian Mbappé à Olympe de Gouges, 20 juill. 2018, je signalais mon intérêt pour le football ; précisant les choses, v. celui du 23 mars 2024, Villarreal/OM : retour sur un cas d’école(s – fermées !), ainsi que ma note et Sports (avec un « s » comme dans futsal).
3 Je faisais aussi allusion, quelques lignes plus haut, à Souad Massi ; v. « D’ici, De là-bas (Clip officiel) », 16 janv. 2026 (feat. Gaël Faye).
4 « Tourné dans la Drôme [le diois, plus précisément], le film Ma Frère avec Amel Bent [,Fanta Kebe et Shirel Nataf] est sorti dans les salles », ledauphine.com 7 janv. 2026 ; j’espère aller le voir.
5 En découvrant l’album Millénium de Suzane (v. infra), le 1er février seulement, j’en ai relevé une dans « Un sens à tout ça », 25 sept. 2025 (titre dont la recherche m’a conduit à celui de Scylla, « Tout a un sens », 6 mars 2013).
6 Notre « retour réflexif sur cette expérience » (2021, p. 109) a un titre inspiré d’une phrase dénichée par mon binôme Herrick Mouafo (ledauphine.com 25 févr. 2023, S. M. évoquant in fine sa « mission à Diffa, au Niger, pour une organisation qui travaille avec l’ONU », de novembre 2022 à 2025) ; il se termine en citant à nouveau Édouard Glissant (v. récemment Roger Martelli, « De la « créolisation » et de la « nouvelle France » », regards.fr 20 févr. 2025), mais aussi bell hooks (pp. 110-111), référence chère à mireille baurens (pour l’une de ses interventions depuis, « Égalité filles – garçons : le rôle fondamental de l’école », 16 déc. 2022).
7 Note à venir ; v. en l’état la deuxième – à la fin – de mon billet du 30 juin 2025, ÉVAR(S), ainsi que la troisième (citant Dr Kpote, Pubère la vie. À l’école des genres, éd. du Détour, 2025, p. 254) et, dans celui du 31 mars 2025, la 15ème (citant une autre reparution, cette fois de Michèle Le Dœuff, Cheveux longs, idées courtes. Sexisme, philosophie et culture du viol, payot-rivages.fr févr. 2025).
8 J’y cite cet entretien de Charlotte Puiseux (avec, par Catherine Robert), « Qu’est-ce que le validisme ? », artcena.fr 18 avr. 2025, qui se conclut comme suit : « Il est des idéaux régulateurs qu’on ne questionne même plus : comme le remarque Judith Butler, il est très compliqué de trouver des failles pour essayer de les remettre en question. Des artistes s’y emploient cependant. Lesquels ? S’il faut en citer quelques-uns en en oubliant sans doute, je dirais : Sins invalid, troupe d’artistes crip qui font des spectacles et des performances ; No Anger, le collectif ostensible et Lucie Camous ; Anaïs Ghedini et Marguerite Maréchal, de la collective Handi·es Tordu·es ; Marianne MULAKOZè. Mais aussi, les poèmes de Med’H, les dessins de Mathilde (La Vie à croquer) ou de Rizzo Boring, ou encore les spectacles de Sofia Valdiri Mendez ou de Corinne Lepage ».
9 Page citée pour introduire aux faits à l’origine de la punchline de Médine : « Élèves absents pour l’Aïd : le ministère de l’intérieur admet avoir demandé une évaluation mais pas un fichage », lemonde.fr avec AFP 21-22 mai 2023 (à propos de ce premier communiqué de SUD éducation, v. ma note AESH) ; questions au Gouvernement par François Piquemal et Sabrina Sebaihi (NUPES), questions.assemblee-nationale.fr le 24, n° 874 et 892 : « FICHAGE (…) » ; « L’éducation nationale doit garantir la neutralité de l’État : rappel des droits des personnels et des élèves à célébrer les fêtes musulmanes », sudeducation.org 29 mai 2025 : « Cette année, dans plusieurs départements, les demandes d’autorisation d’absence pour la fête de l’Aïd El Fitr, ont donné lieu à des excès de zèle contraires à la loi et la laïcité par certain·es membres de la hiérarchie de l’Éducation Nationale. Les collègues ont demandé en avance une autorisation d’absence pour fête religieuse le lundi 31 mars qui a été accordée. Suite à l’annonce par le recteur de la Mosquée de Paris, que la fête se tiendrait le dimanche 30 mars en France, certain·es chef·fes d’établissements, IEN ou chef·es de services sont au dernier moment revenu·es sur l’autorisation accordée » ; leurs « conceptions théologiques », contraire à la séparation d’avec les églises, les conduisaient à trancher entre les deux dates…).
10 J’ai écrit ces lignes au lendemain de l’annonce de la mort du grand frère de Gaëlino M’Bani (Lino), Calboni (wikipedia.org/Calbo 4-5 janv. 2026).
11 « La fesse cachée du cul », numéro 14 des 37 épisodes de la « chronique du cahier été de Libé » ; la dernière avait été publiée il y a bientôt dix ans, le 26 août 2016 ; j’aime bien la fin, qui n’est pas sans lien avec l’approche de l’éducation à la sexualité comme un droit, prohibant seulement de « préconiser un comportement sexuel déterminé » : CEDH, 7 déc. 1976, Kjeldsen, Busk Madsen et Pedersen contre Danemark, n° 5095/71, 5920/72 et 5926/72 (cité en ce sens à la page 1194 de de ma thèse, 2017) ; pour une formule très proche, v. cette année CE, 27 juin 2025, Juristes pour l’enfance et a., n° 501820, cons. 20 – cité à la note 23 de mon billet du 30, ÉVAR(S).
12 Emmanuelle Saulnier-Cassia, « Le théâtre des violences sexuelles devant la justice (3) : Notre procès de Bérénice Hamidi et Gaëlle Marti », actu-juridique.fr/culture 16 déc. 2025 ; comme cette dernière et Stéphanie Hennette-Vauchez, l’autrice de ce billet est professeure de droit public. Elle poursuit : « Mais ce n’est pas le poète qui est placé sur le banc des accusés plus de deux siècles après son exécution pendant la Terreur, c’est une candidate à l’agrégation qu’il poursuit pour diffamation. Cette infraction pénale entraînant une atteinte à l’honneur ou à la vie privée est le délit le plus couramment invoqué en matière littéraire, en particulier par ceux se reconnaissant dans une œuvre d’autofiction, comme l’a également récemment théâtralisé Adrien Barazzone dans sa pièce, Toute intention de nuire [2024-2025, inspirée d’« A. Arzoumanov (et la chaire Colibex) », 2022 ; v. la note 5]. Afin d’arriver à leur fin, les autrices, et également metteuses en scène, s’affranchissent de quelques règles de procédure pénale élémentaire » (et de développer, en présentant les universitaires qui la jouent [bien, pour autant que je puisse en juger !] ; « sont bien réelles, quasiment dans leurs propres rôles, les deux amici curiae convoquées sur scène. Hélène Merlin-Kajman, physiquement sur le plateau, professeure émérite de littérature à l’université Sorbonne Nouvelle (…), tout comme Laure Murat, en vidéo projetée sur l’écran en fond de scène, professeure au département d’études françaises et francophones de l’université de Californie-Los Angeles »).
13 Bérénice Hamidi, ouvr. préc., pp. 69-70 à propos d’« André Chénier, auteur du XVIIIe siècle », mis en cause en 2017 par des « agrégatives, par ailleurs militantes féministes », pour son poème « L’Oaristys » (terme emprunté de Théocrite) : « Tout le script de la scène de séduction repose en effet sur le brouillage des repères. Le poème est structuré par le refus de la bergère, réitéré par huit fois, de céder aux avances du berger… avant de s’achever, suite à une ellipse, sur un après suggérant clairement que l’acte a été consommé ». Page suivante, l’autrice relève que la question de « l’impossibilité où se trouve le personnage féminin de céder librement à son désir sans se soucier des conséquences sociales qu’elle aura à subir [est confondue avec] le fait de savoir si c’est à son propre désir qu’elle finit par céder ou à celui du berger qui la contraindrait à un acte sexuel auquel elle se résignerait sans le désirer. Autrement dit, le poème travaille à empêcher de reconnaître et de qualifier d’agression ce sexe non consenti. Il produit une zone grise qu’il esthétise et érotise. La question n’est pas tant de savoir si la scène représente un viol que de comprendre que certaines lunettes et certains angles permettent de voir les agressions tandis que d’autres empêchent de les voir ou plutôt permettent de ne pas les voir. La zone grise peut ainsi être considérée comme une entreprise de floutage des points de vue et de la qualification des faits. Et le problème n’est pas que dans les œuvres et les cerveaux d’hier (…) ».
14 Paroles que j’avais moi-même retranscrites au terme de mon billet du 4 févr. 2018, De Marie Curie à Paul Langevin (ajout le 9 nov. 2025, alors que je les avais déjà citées, dans un contexte privé, dès le 12 janv.).
15 « Encore », selon les paroles précises de ce « feat. avec Youssoupha », v.Suzane, « Plus que moi », 25 sept. (version live sur cliquetv, instagram.com le 3 oct.). V. auparavant la chanson qu’elle a « composée avec Valentin Marlin [ecardfr.com], Clip réalisé par Andréa Bescond [wikipedia.org] », 24 avr. ; le mois suivant, Suzane expliquait dans Quelle époque ! le 10-12 avoir initialement envisagé de la placer, « pourquoi pas, dans une track list d’album, mais alors peut-être un peu cachée, en [s]e disant bon ben, qui tombera dessus tombera dessus »… Dans un entretien avec Luc Lorfèvre (« Suzane sort « Millenium », un reflet des rêves et des désillusions de la génération Y : « Le procès Pelicot a aussi contribué à libérer ma parole » », parismatch.be 26 sept.), « l’artiste avignonnaise de 34 ans » confie : « Je fais partie des femmes qui ont dû se construire sur un viol. C’est arrivé quand j’étais très jeune, avant que je sois artiste. Je me suis longtemps tue. J’avais essayé de mettre ça derrière moi, mais ce n’était pas réglé. Quand je l’ai écrite, j’étais dans une période où je ne dormais plus. J’avais des flashbacks, la dépression me guettait. Je me suis dit que j’avais ma plume et mon piano pour me bagarrer [suit la phrase reprise dans le titre ; v. aussi cette note] » ; v. enfin ce texte de Jean-Marc Le Scouarnec, « Le volcan Suzane prêt pour de nouvelles éruptions », blog.culture31.com le 21).
16 Sandra Jumel poursuit : « Ici, le sexe est suggéré » ; ce n’est pas tout à fait vrai, autant prévenir les personnes prudes…