Jean Jaurès

Ferdinand Buisson (1841-1932) (photo issue du Musée virtuel du Protestantisme)

J‘ai souhaité faire apparaître Ferdinand Buisson aux côtés de Jean Jaurès pour acter, à la manière du conseil municipal de Thouars, la fusion « Buisson-Jaurès ». Au-delà de permettre un renvoi à la question des fermetures de classe (thèse, pp. 111, 153, 159-160, 168, 1150 et 1190 ; menacé, le groupe scolaire précité semble avoir été épargné) – ainsi qu’à son actualité (v. ainsi Mattea Battaglia, « Ces écoles qui risquent de « payer le prix » de la mesure Macron », Le Monde 17 févr. 2018, p. 11) –, elle permet d’aborder ensemble ces deux personnalités.

Jean Jaurès (1859-1914) (photo issue du site de la FNLP)

Si Buisson est très souvent cité dans ma thèse, il ne l’est pas lors de la présentation de l’appréhension de la « question scolaire » à partir de la loi du 9 décembre 1905 (pp. 543 et s.), à laquelle sont associées les figures de Briand, Jaurès et Pressensé. D’un point de vue plus général, il n’est pas inutile de rappeler que « ce n’est pas la perspective de F. Buisson qui l’a emportée en 1905 » (J. Baubérot, « Rokhaya Diallo et le danger d’un « universalisme cache-sexe » », billet mis en ligne le 23 déc. 2017, en note de bas de page n° 1, en réaction à une critique co-signée par Samuël Tomei – auteur d’une thèse sur Ferdinand Buisson, soutenue en 2004, notamment devant Jean Baubérot ; dans un billet précédent, daté du 4 oct. 2017, ce dernier renvoie à la biographie de Patrick Cabanel sur Ferdinand Buisson, père de l’école laïque, 2016, pp. 366 et s. ; à propos de son engagement en faveur du droit de vote des femmes, v. aussi les développements spécifiques que lui consacre Alban Jacquemart dans sa thèse sur Les hommes dans les mouvements féministes… : pp. 294 et s. de la version de 2011, disponible en ligne ; pp. 248 et s. de celle publiée aux PUR en 2015).

Si les « laïcités séparatistes » portées par les gauches socialiste et radicale en 1905 sont « à distinguer », il est historiquement fondé – et politiquement stimulant – de les « regrouper » (J. Baubérot, Les 7 laïcités françaises. Le modèle français de laïcité n’existe pas, éd. MSH, 2015, pp. 59 et s.). Il en va de même concernant les références au droit étudié, pp. 708 et s. L’une d’elles a lieu en 1901, alors que « la communion solennelle de la fille de Jean Jaurès est considérée par certains socialistes comme portant atteinte à la laïcité » (ouvr. préc., 2015, p. 30, Jean Baubérot ajoutant : « Cent ans plus tard, le baptême de la fille de Régis Debray suscite un émoi analogue. Comme pour Jean Jaurès, la défense déclare que c’est la mère qui est responsable de la cérémonie ! ». Dans un entretien récent avec Anne Fulda, Laurence Debray affirme que l’une de ses fugues s’est faite en réaction au refus de son père qu’elle soit baptisée : « Je suis parfois mordante avec mon père », Le Figaro 30 sept. 2017, p. 20).

En 1881, l’affirmation de ce droit de l’enfant avait été le fait de Clemenceau (pp. 1025-1026) ; ce dernier est davantage connu pour s’est inquiété de la « laïcité intégrale », traduite par deux lois – en 1901 et 1904 – suscitant l’association des libertés de conscience et d’enseignement (pp. 528 et s., spéc. p. 542). Ces lois ont été soutenues par Jaurès et Buisson. Dans cette première partie de la thèse, les références à ce dernier sont trop nombreuses (en particulier dans le second titre de la première partie) pour être toutes signalées, ce qui s’explique par sa fonction : il a en effet été directeur de l’Enseignement primaire, sans discontinuité pendant dix-sept ans (de 1879 à 1896). Je renvoie en particulier au propos sur la liberté de conscience comme fondement de la laïcisation des programmes scolaires (pp. 305 et s.).

En plus de contenir plusieurs citations de Jaurès, ces développements se terminent par une critique de l’usage parfois fait de l’une de ses célèbres formules : « il n’y a que le néant qui soit neutre » (v. les pp. 324-325). A propos de qui « administrait Toulouse » (J.-M. Ducomte, Privat, 2009) ou intervenait comme député (ou journaliste), la recherche par le mot-clé « Jaurès » conduit aussi à un certain nombre de notes de bas de pages ; outre la page 322, à propos d’exclusions qu’il serait intéressant de pouvoir documenter davantage, v. encore et surtout la « Conclusion de la première partie. Entre absence du droit à l’éducation et références aux droits d’éducation » (pp. 615, spéc. pp. 625-626).