René Cassin

René Cassin (1887-1976)
(photo issue du site des Nations Unies)

Parmi les figures retenues, il est sans doute la plus connue des juristes. L’entrée Cassin comprend plusieurs entrées en première partie. Pour son action, il convient surtout de se reporter au chapitre 2 de la seconde partie (pp. 723 et s.). Il est question de la disponibilité du droit à l’éducation, avec des remarques liminaires à partir de l’une des années retenues dans l’Histoire mondiale de la France (dirigé par Patrick Boucheron au Seuil, en 2017, p. 640 : « 1948. L’universalisation des droits de l’homme », sous la plume de l’historienne Dzovinar Kévonian) : vice-président du Conseil d’Etat, René Cassin représenta la France lors de l’élaboration de la DUDH. En 1959 et 1960, il rejoint la Cour européenne et le Conseil constitutionnel (jusqu’en 1976 et 1971 ; v. respectivement à partir des pp. 820 et 1092).

En octobre 2017, la Revue trimestrielle des droits de l’homme a publié les actes d’une « journée organisée à sa mémoire le 20 janvier 2017, au sein même de la Cour (…) qu’il a présidée durant un peu plus de trois années (1965-1968) » (Frédéric Krenc, « Editorial », p. 729 ; ce n° 112 de la RTDH vient s’ajouter à une bibliographie déjà abondante). L’actuel président a affirmé que, « selon Cassin, la Convention européenne des droits de l’homme était bien trop timide, car elle ne prenait pas en compte les droits économiques et sociaux » (Guido Raimondi, « Allocution d’ouverture. René Cassin : l’homme de la situation », p. 731, spéc. p. 733 ; sur ce point, v. la thèse pp. 1158-1161 et 1175-1176).

Président de la Fondation René Cassin, Jean-Paul Costa déplorait qu’il soit « malheureusement oublié de nos jours, surtout des jeunes générations » (« Allocution d’ouverture », p. 737). A cet égard, Emmanuel Decaux remarquait : « Le prix René Cassin de l’Education nationale a été subrepticement supprimé l’année dernière par le ministère… » (« L’actualité de l’œuvre de René Cassin : les leçons internationales », p. 799, spéc. p. 800 ; v. les conclusions, pp. 1221 et s.). Dans les « Conclusions générales. Inlassable énergie et puissance des convictions – La destinée hors norme de René Cassin », Laurence Burgorgue-Larsen invite cependant à ne pas réduire (à) son action, en rappelant par exemple « l’apport de l’Amérique latine » concernant la DUDH (p. 881, spéc. p. 893 ; v. en bas de page 727 de la thèse, note n° 624).

Le 10 décembre 2018, à l’occasion du 70e anniversaire de la DUDH, Jean Lebrun invitait Olivier de Frouville dans La marche de l’histoire ; dans cette émission sont diffusés des extraits de René Cassin. Dans l’Humanité du 7, page 18, Chloé Maurel rappelait que, lors de l’élaboration du texte de 1948, « Cassin s’est inspiré de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et d’un complément à cette déclaration, élaboré en 1936 par le congrès national » de la LDH (à propos de ce texte, v. en notes de bas de pages 617, 676, et 712 (n° 266, 303 et 538).

Vice-président du Conseil d’Etat depuis le 29 mai, Bruno Lasserre a rappelé dans une tribune sa « promesse faite en septembre 1941, à Londres, alors qu’il était le représentant de la France combattante aux Conférences interalliées de Saint-James, d’établir une paix future sur la base de ces droits » (« René Cassin, professeur d’espoir », Le Monde Idées 8 déc. 2018, p. 4 ; le 24, « René Cassin, un fantassin du droit au Palais-Royal », AJDA 2018, p. 2465). En 1943, l’année de son éviction, il avait rédigé avec André Philip un projet de Déclaration française (v. ma page 668).

Cette institution co-organisait avec le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, les 11 et 12 décembre, deux journées d’étude en son hommage au Centre des Archives diplomatique et au Quai d’Orsay ; en même temps, la bibliothèque de l’Université Paris Nanterre accueillait un colloque international (« La Ligue des droits de l’homme depuis la seconde guerre mondiale »), durant lequel les commissaires Gilles Candar et Emmanuel Naquet ont procédé au lancement d’une exposition virtuelle sur la LDH (« 120 ans d’histoires » ; v. mes pp. 1226-1227, en conclusion).

« Défense de l’école publique », telle est la première cause présentée : concernant l’entretien vidéo avec Danièle Lochak (« L’affaire des foulards, Creil, 1989 »), v. aussi le cinquième paragraphe de ce billet ; s’agissant du dossier établi par Madeleine Rebérioux (« Droit à l’éducation. Devoir d’éducation », Hommes & Libertés 1978, n° 4), il est remarquable qu’il soit annoncé par une citation de Jean Zay, et qu’y soit mentionnés des textes onusiens souvent ignorés (pp. 7-8 ; v. mes pp. 761 à 763 et 782 à 784). Il faut remercier La contemporaine d’avoir rendu accessible ce document : à propos du « véritable service public » défendu par J. et S. Chatroussat (pp. 6-7, terminant par une référence à un autre Jean, Jaurès) et A.-L. Caruel (p. 8, en précisant qu’il « implique (…) la stricte laïcité de tous les représentants de l’Etat »), v. mes développements relatifs à la loi Guermeur (pp. 266 et s.), adoptée un an après le décès de Cassin.