Gaza

« À Rafah, l’instituteur gazoui Muhammad Al-Khudari fait classe à des enfants entre des tentes, le 8 mars 2024. © Ahmed Zaqout / Anadolu / AFP » ; photo reprise depuis Céline Martelet, « Les enfants de Gaza privés d’école », politis.fr 27 août 2024 (extrait)

Si je n’ai pas attendu la réponse du gouvernement israélien au 7 octobre 2023 pour m’intéresser à la Palestine1Pour un exemple parmi d’autres, je suis retombé en 2025-2026 sur ces références d’avril 2018, mobilisées alors que j’enseignais à l’Université Grenoble Alpes : Marie Bourreau, « Haro sur les droits de l’homme à l’ONU », Le Monde le 19, p. 5 : « Nikki Haley, la représentante américaine aux Nations unies, est sélective. Elle est d’accord pour parler des violations des droits de l’homme en Syrie, en Iran ou au Venezuela. Mais c’est la même qui, à la moindre mention des colonies illégales israéliennes, menace de se retirer définitivement de son organe phare, le Conseil des droits de l’homme. Une politisation qui « porte gravement atteinte à l’universalité de ces droits » regrette une diplomate » ; Piotr Smolar, « À Gaza, des balles réelles contre les civils », le 28, p. 2 ; entretemps, « « Arrêtez de tirer sur des enfants » : l’émissaire de l’ONU s’indigne de la mort d’un ado palestinien », L’Obs.com avec AFP le 21 (Nikolaï Mladenov, la veille)., je n’ai pas (encore) développé d’expertise particulière pour m’autoriser un billet d’actualité ; depuis lors, il m’est toutefois apparu encore plus essentiel de ne pas rester totalement silencieux sur ce qui s’y passe.

[Paragraphes réservés ; v. déjà en faisant rechercher dans la page Actualités, avec les ajouts suivants :] Denis Sieffert, « Le 7-Octobre : la double falsification de l’histoire », politis.fr 2 oct. 2024 : rappelant les propos du ministre de la Défense Yoav Gallant, parlant d’« animaux humains », le journaliste relève que l’« historien Enzo Traverso note que cette « déshumanisation » rejoint « les pires stéréotypes antisémites » » (Gaza devant l’histoire, Lux).

« La salle de conférences détruite de l’Université islamique de Gaza, où des familles palestiniennes déplacées vivent maintenant dans des tentes, le 11 avril 2025. HAMED SBEATA/MIDDLE EAST IMAGES VIA AFP » ; photo reprise depuis Marie Jo Sader, « A Gaza, étudier « permet de ne pas penser tout le temps à la mort » », 27 mai 2025 (extrait).

Élise Thiébaut, « À toutes les mères de Gaza », politis.fr 25 mai 2025 ; Adeline Hazan, présidente de l’Unicef France, Adrien Taquet ancien secrétaire d’État à l’Enfance et al., « Ne pas oublier Gaza : les enfants y meurent en silence », latribune.fr 22 juin (extrait ; v. unicef.fr et najat-vallaud-belkacem.com le 23 : « le droit international humanitaire est clair : les enfants doivent être protégés, partout, toujours. Aucun impératif militaire ne peut justifier le blocus persistant de Gaza, ni l’anéantissement total des écoles, des hôpitaux… La Convention internationale des droits de l’enfant, que la France a été l’un des premiers pays à ratifier, n’est pas une option. C’est une obligation juridique, politique et un devoir éthique. Et à Gaza, elle est chaque jour piétinée dans un silence assourdissant »).

Dans mon billet du 31 octobre, Du collège Avicenne de Nice à l’école musulmane de Valence, j’avais placé à la note 49 ces références mises de côté depuis cinq mois : « Appel des mères pour les enfants de Palestine », blogs.mediapart.fr 1er juin 2025 ; Daniel Schneidermann, « Israël à Gaza : « lève-toi et tue le premier » », arretsurimages.net 11 août ; Camille Paix, « « Mes créateurs ont agi de manière hostile » : Grok, l’IA d’Elon Musk, dit qu’il y a un génocide à Gaza et qu’on tente de la « censurer » », liberation.fr le 12 ; « « Arrêtez de tuer les enfants » : la banderole déployée par l’UEFA avant la Supercoupe entre le PSG et Tottenham », lequipe.fr le 14 ; Insaf Rezagui (entretien avec, par Pauline Migevant), « La France pourrait être poursuivie pour complicité si elle continue de soutenir Israël », politis.fr le 27 ;

Akram Belkaïd, « Éditorial. Complicités arabes », Le Monde diplomatique sept. 2025 ; Renaud Lambert & Meriem Laribi, « Mais que fait la Chine pour Gaza ? Discours propalestiniens, commerce avec Israël », p. 7 (extrait) ; Denis Sieffert, « La géopolitique fiction de Macron », politis.fr le 9 ; « Palestine : un monde arabe et musulman fracturé », le 19 ; Q.M., « « Un génocide se produit à Gaza » : un rapport de l’Onu pointe du doigt le rôle des responsables israéliens », centrepresseaveyron.fr (avec Reuters) le 16, citant « Navi Pillay, directrice de la Commission d’enquête indépendante sur le territoire palestinien occupé et ancienne juge de la CPI » ; « Accusation d’antisémitisme à Berkeley : « Je me retrouve dans les mêmes difficultés qu’un personnage de Kafka », par Judith Butler », liberation.fr extrait2« Antisémitisme : la lettre de Judith Butler à l’université de Berkeley », Libération 19 sept. 2025, p. 20 : « Durant de nombreuses années, dans mes enseignements de littérature comparée, j’ai consacré des séminaires à la thématique « Kafka et le droit ». (…) [Avocat et écrivain, celui-ci se demandait si] la procédure judiciaire s’est tellement écartée de la voie normale que nous en sommes réduits à raconter comment elle étouffe toute demande de justice. Tel est le sujet de mes recherches actuelles et d’un prochain livre dont j’espère avoir terminé le manuscrit à la fin de 2025. Mon propos trouve une illustration particulièrement frappante dans son plus célèbre roman, le Procès. Au début de l’histoire, K, un employé de bureau, est réveillé un matin par deux hommes l’informant qu’une accusation a été portée contre lui. Se disant des représentants de la loi, ces émissaires inquiétants semblent plutôt être issus du monde professionnel de K ; leur statut est ambigu. Quoiqu’il en soit, ils l’informent d’une dénonciation. Quand K leur demande de quoi il est accusé, ils lui répondent qu’ils ne sont pas en mesure de le lui dire et semblent de fait l’ignorer. (…) K doit préparer un procès dans l’ignorance de son objet. (…) L’un des principaux problèmes de K est sa croyance persistante en la régularité des procédures […]. Mon cas diffère bien sûr de celui de K, mais je me retrouve dans les mêmes difficultés que lui. (…) Comme K, j’aimerais penser que nous vivons dans un monde où les allégations ne sont pas considérées comme vraies tant qu’elles n’ont pas fait l’objet d’un examen en bonne et due forme, et que, à ce moment particulier de l’histoire, nous ne mettons pas en danger un individu en transmettant une accusation non fondée et non jugée au gouvernement fédéral. Peut-être que je suis stupide, ne parvenant à vivre que dans le monde des paraboles. Heureusement, j’ai encore mes livres. Il n’est pourtant pas complètement insensé de résister à l’injustice quand elle se manifeste de manière aussi évidente – ce qui vous est aussi apparu, je suppose. Cordialement ». Invité(e) des Matins de Guillaume Erner, une dizaine de jours après la publication par « le département de la Justice américain [, le 30 janvier 2026, de] plus de trois millions de pages sur l’affaire Epstein », Judith Butler souligne « les liens entre capitalisme et crimes sexuels » ; v. « l’onde de choc dans l’œil de la philosophe américaine », radiofrance.fr/franceculture/podcast 9 févr. Dans les dix dernières minutes de l’émission, elle « ne se dit pas surprise de l’antisémitisme exprimé par certaines personnalités à la suite des révélations de ces dernières semaines : « Nick Fuentes fait partie de la Heritage Foundation, qui a produit deux documents très importants pour comprendre les priorités du régime Trump : le Projet 2025 et le Projet Esther (…) » » ; c’est alors qu’elle doit corriger une citation faite par son interlocuteur à propos du Hamas et du 7 octobre (2023). ; Lucas Sarafian, « Reconnaissance de la Palestine : le très politique revirement d’Emmanuel Macron », regards.fr le 19 ; Céline Martelet, « Une reconnaissance et si peu d’espoir », le 19 ; Dominique Vidal, « Gaza : de la reconnaissance aux sanctions », le 22 ; « Pourquoi Netanyahou n’a pas été arrêté à l’ONU ? », Decolonial news le 27 ;

Du journaliste au quotidien Haaretz (Tel-Aviv) Gideon Levy (traduit de l’anglais par Benoît Bréville), « Le consentement israélien au génocide. « Pas de Palestiniens innocents » », Le Monde diplomatique oct. 2025, p. 7 ; v. aussi Benoît Bréville, « Éditorial. Les coupables et leurs complices », pp. 1 et 9, et Alexander Zevin, « Socialiste, propalestinien, et demain maire de New York ? La surprise [Zohran] Mamdani », p. 1 (extrait) ; Kamélia Ouaïssa, « Les images de Gaza, « une nécessité historique et judiciaire » », politis.fr le 7 (extrait) ; Daniel Schneidermann, « Trump la paix, et Trump la guerre », arretsurimages.net le 9 ; Maxime Sirvins et Salomé Dionisi, « « Nous sommes la génération Palestine » : Rima Hassan de retour de la flottille », politis.fr le 9 : « Ce qui doit nous mobiliser est l’agenda du droit international. Il y a également toutes les autres dynamiques de mobilisation, comme le boycott. Et les entreprises, dont l’ONU a récemment publié une liste plus étoffée, qui sont impliquées directement dans l’occupation et la colonisation » ; Arthur Steger-Kicinski, « L’assassinat ciblé des journalistes en contexte de conflit armé : regards croisés entre droit international humanitaire, pénal et des droits humains », La Revue des Droits de l’Homme ADL le 14, commençant par rappeler que « 24 ont été directement ciblé·es en cette qualité par les forces armées Israéliennes au 25 août » (§ 1, note 4) ; pointant ceux s’apparentant à des « procureurs qui ont délaissé la raison. Perdu la boussole du cœur », Kery James, Shaban, avec au début ces rimes : « Deux poids, deux mesures, donneurs de leçons / Quand ils parlent de droits de l’Homme / Ils ne te parlent que d’hommes blancs / Les autres peuvent bien crever par centaines, par milliers / Tu ne les verras jamais se lever s’il n’y a rien à piller » (v. le clip à partir de generations.fr 3 oct., précisant que ce morceau de rap est « un hommage à Shaban Al Dalu, un palestinien mort lors du bombardement d’un hôpital à Gaza par l’armée israélienne, le 14 octobre 2024 »).

Compléments au fil de l’eau après mon billet d’octobre, avec d’abord cet extrait de France info le dimanche 9 nov. (x.com/denkinte_2), largement relayé sur les réseaux.

Denis Sieffert, « Le plan Trump pour Gaza : la Bible et le dollar », politis.fr mardi 11 ; une semaine plus tard, Francesca Albanese, rapporteure de l’ONU sur les territoires palestiniens, était l’invitée des Matins de France Culture, « Je suis pro-droits humains », radiofrance.fr le 18 (podcast de 39 min. ; v. aussi la note Médias) ; UNICEF, « Gaza : au moins 2 enfants tués par jour depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu [le 10 octobre dernier] », news.un.org le 21 ; Patrick Lagacé, « Le juge [Nicolas Guillou (CPI)], dans le monde à l’envers », lapresse.ca le 26 ; Yannis Varoufakis, « Le juge et la fin de l’Europe », regards.fr 5 déc.

Pauline Migevant, « Dissolution d’Urgence Palestine : face aux rapporteurs spéciaux de l’ONU, la France botte en touche », politis.fr 28 nov. ; comparer la tribune du collectif Réconcilier les féminismes, « Stop à l’instrumentalisation des luttes féministes ! », nouvelobs.com 1er déc. (avec la page wikipedia.org d’Andréa Bescond au 2, consultée et citée en note de bas de page avec d’autres artistes, le 31 janv.) ; Omar Alsoumi, « jugé pour avoir fait l’apologie de la révolution décoloniale », orientxxi.info 28 janv. (extrait d’Enfant de Palestine, Les Liens qui Libèrent : pour des propos tenus en novembre 2024, qu’il rappelle in fine – quelques paragraphes après avoir pointé « une incompréhension entre l’espace occidental et l’espace arabe qu’il convient de lever » –, son jugement est prévu le 6 mai prochain : un an plus tôt, il a été visé en tant que « dirigeant du groupement de fait « Urgence Palestine » » – collectif « fondé après le 7 octobre 2023 » –, par un décret à propos duquel il écrit : « la loi est très claire, le ministère de l’intérieur peut sans jugement ni justification geler les avoirs de toute personne ou organisation. Motif : lutte antiterroriste »).

Razmig Keucheyan, « Comment nier un génocide ? Une rhétorique rodée depuis la destruction des Arméniens », Le Monde diplomatique févr. 2026, pp. 1 et 7 (extrait, à partir d’une citation de Benyamin Netanyahou en août dernier : « Je le reconnais. Voilà, c’est fait » ; cette évolution de la conduire à distinguer désormais « entre les génocides [dont celui de 1915-1916 – v. mon billet du 30 juill. 2018] et la simple « guerre » qu’il prétend mener contre le Hamas »).

« [Déclaration de @FranceskAlbs] Version des faussaires vs Version originale » (x.com/caissesdegreve 12 févr. 2026)

Loïc Le Clerc, « Démission de Francesca Albanese : la trumpisation du Quai d’Orsay », regards.fr 13 févr. : « on ne s’en prend pas impunément à une représentante mandatée par l’ONU. (…) Qu’a-t-elle donc raconté pour recevoir les foudres du Quai d’Orsay ? Rien d’autre que son travail minutieux exige : « Le fait qu’au lieu d’arrêter Israël, la plupart des pays du monde l’ont armé, lui fournissant des excuses politiques, un appui politique, un soutien financier et économique, c’est un défi. Le fait que la plupart des médias dans le monde occidental amplifient le discours pro-apartheid, le narratif génocidaire, c’est un défi. Et en même temps c’est aussi une opportunité. Car si le droit international a été poignardé en plein cœur, il est également vrai que jamais auparavant la communauté internationale n’a connu les défis auxquels nous sommes tous confrontés, nous qui ne contrôlons pas d’importants capitaux financiers, ni d’algorithme, ni d’armes. Nous voyons maintenant que l’humanité a un ennemi commun, et que le respect des libertés fondamentales est la dernière voie pacifique, le dernier outil pacifique dont nous disposons pour recouvrer notre liberté » » (je souligne ; v. ci-contre la « vidéo diffusée par la députée Renaissance Caroline Yadan, [montée pour montrer comment] les propos sont déformés et tronqués ») ; « L’association Juristes pour le respect du droit international [Jurdi] a d’ailleurs saisi la justice pour « diffusion de fausses nouvelles » » (renvoi à france24.com avec AFP le 12).

Finalement, « la représentante française au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU Céline Jurgensen » reculera, mercredi 25 février (Matthieu Heyman, « La rapporteuse spéciale de l’ONU sur les Territoires palestiniens occupés attend « des excuses » de la France qui réclamait son départ », bfmtv.com le 26, rappelant les propos du Premier ministre Sébastien Lecornu le 20, après ceux de Jean-Noël Barrot ; v. sa « Réponse3Francesca Albanese, « Réponse à mes détracteurs. Anatomie d’une diffamation », Le Monde diplomatique mars 2026, pp. 1 et 18-19, extrait)., ainsi que Serge Halimi et Pierre Rimbert, « Les « fake news » du Quai d’Orsay », Le Monde diplomatique mars 2026, p. 19, extrait).

« Gaza, témoigner, comprendre, résister », Manière de voir févr.-mars 2026, n° 205, sommaire en ligne sur le site monde-diplomatique.fr (avec notamment cette carte : « Que reste-t-il de Gaza ? », 19 févr., env. 3 min. ; v. aussi « Israël accusé par l’ONU de vouloir imposer un « changement démographique permanent » à Gaza et en Cisjordanie », lemonde.fr avec AFP le 26, citant « le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk », à Genève).

Note créée le 1er mars.

Notes

1 Pour un exemple parmi d’autres, je suis retombé en 2025-2026 sur ces références d’avril 2018, mobilisées alors que j’enseignais à l’Université Grenoble Alpes : Marie Bourreau, « Haro sur les droits de l’homme à l’ONU », Le Monde le 19, p. 5 : « Nikki Haley, la représentante américaine aux Nations unies, est sélective. Elle est d’accord pour parler des violations des droits de l’homme en Syrie, en Iran ou au Venezuela. Mais c’est la même qui, à la moindre mention des colonies illégales israéliennes, menace de se retirer définitivement de son organe phare, le Conseil des droits de l’homme. Une politisation qui « porte gravement atteinte à l’universalité de ces droits » regrette une diplomate » ; Piotr Smolar, « À Gaza, des balles réelles contre les civils », le 28, p. 2 ; entretemps, « « Arrêtez de tirer sur des enfants » : l’émissaire de l’ONU s’indigne de la mort d’un ado palestinien », L’Obs.com avec AFP le 21 (Nikolaï Mladenov, la veille).
2 « Antisémitisme : la lettre de Judith Butler à l’université de Berkeley », Libération 19 sept. 2025, p. 20 : « Durant de nombreuses années, dans mes enseignements de littérature comparée, j’ai consacré des séminaires à la thématique « Kafka et le droit ». (…) [Avocat et écrivain, celui-ci se demandait si] la procédure judiciaire s’est tellement écartée de la voie normale que nous en sommes réduits à raconter comment elle étouffe toute demande de justice. Tel est le sujet de mes recherches actuelles et d’un prochain livre dont j’espère avoir terminé le manuscrit à la fin de 2025. Mon propos trouve une illustration particulièrement frappante dans son plus célèbre roman, le Procès. Au début de l’histoire, K, un employé de bureau, est réveillé un matin par deux hommes l’informant qu’une accusation a été portée contre lui. Se disant des représentants de la loi, ces émissaires inquiétants semblent plutôt être issus du monde professionnel de K ; leur statut est ambigu. Quoiqu’il en soit, ils l’informent d’une dénonciation. Quand K leur demande de quoi il est accusé, ils lui répondent qu’ils ne sont pas en mesure de le lui dire et semblent de fait l’ignorer. (…) K doit préparer un procès dans l’ignorance de son objet. (…) L’un des principaux problèmes de K est sa croyance persistante en la régularité des procédures […]. Mon cas diffère bien sûr de celui de K, mais je me retrouve dans les mêmes difficultés que lui. (…) Comme K, j’aimerais penser que nous vivons dans un monde où les allégations ne sont pas considérées comme vraies tant qu’elles n’ont pas fait l’objet d’un examen en bonne et due forme, et que, à ce moment particulier de l’histoire, nous ne mettons pas en danger un individu en transmettant une accusation non fondée et non jugée au gouvernement fédéral. Peut-être que je suis stupide, ne parvenant à vivre que dans le monde des paraboles. Heureusement, j’ai encore mes livres. Il n’est pourtant pas complètement insensé de résister à l’injustice quand elle se manifeste de manière aussi évidente – ce qui vous est aussi apparu, je suppose. Cordialement ». Invité(e) des Matins de Guillaume Erner, une dizaine de jours après la publication par « le département de la Justice américain [, le 30 janvier 2026, de] plus de trois millions de pages sur l’affaire Epstein », Judith Butler souligne « les liens entre capitalisme et crimes sexuels » ; v. « l’onde de choc dans l’œil de la philosophe américaine », radiofrance.fr/franceculture/podcast 9 févr. Dans les dix dernières minutes de l’émission, elle « ne se dit pas surprise de l’antisémitisme exprimé par certaines personnalités à la suite des révélations de ces dernières semaines : « Nick Fuentes fait partie de la Heritage Foundation, qui a produit deux documents très importants pour comprendre les priorités du régime Trump : le Projet 2025 et le Projet Esther (…) » » ; c’est alors qu’elle doit corriger une citation faite par son interlocuteur à propos du Hamas et du 7 octobre (2023).
3 Francesca Albanese, « Réponse à mes détracteurs. Anatomie d’une diffamation », Le Monde diplomatique mars 2026, pp. 1 et 18-19, extrait).