Édouard Geffray

« Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, [entre] la proviseure du lycée Louise Michel et [le] recteur de l’académie de Grenoble. © Radio France » ; photo de Justine Leblond, reprise à partir de son article « Le ministre de l’Éducation nationale en visite dans deux lycées de l’agglomération grenobloise », francebleu.fr 12 déc. 2025 (v. aussi ma note relative à Philippe Dulbecco)

V. d’abord la toute fin de mon billet du 29 déc. 2019 – avec les notes 49 et 50 –, la 33ème le 31 janv. 2020 (v. infra, pour commenter l’article cité ci-contre) et la 15ème le 30 avr. 2025 ; lors de sa nomination, v. l’article de Djéhanne Gani, « Édouard Geffray, bras droit de Jean-Michel Blanquer, est le 7ème ministre de l’Éducation nationale [depuis 2022] », cafepedagogique.net 13 oct. 2025 (reprenant l’illustration, mon billet du 31 comprenait à la note 35 les premières références de cette note).

Alice Mérieux rappelait quant à elle qu’avant de devenir directeur général de l’enseignement scolaire (Dgesco, de juillet 2019 à 2024), il avait « débarqué rue de Grenelle comme directeur des ressources humaines en 2017 sans rien y connaître, après avoir dirigé le cabinet de François Bayrou, fugace ministre de la Justice (…) » (« Édouard Geffray, un ambitieux technicien à la tête de l’Éducation nationale », challenges.fr le 13).

« Interrogé sur France Inter sa première interview comme ministre », il se montrait alarmiste : « La situation de l’école est « extrêmement inquiétante » (…) », lemonde.fr (avec AFP) le 22 ; il utilisait cependant des arguments démographiques pour justifier des choix politiques austéritaires. Ils sont mobilisés par ses services, y compris devant le juge administratif ainsi qu’en atteste une affaire jugée cet été : CE Ord., 13 juin 2025, Ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, n° 498922 [et n° 496479 (juricaf.org)], cons. 9 ; concl. Cyrille Beaufils, 7 p. (spéc. p. 5). En référé, il était décidé que la condition d’urgence n’était « pas satisfaite » au regard des « écritures devant le Conseil d’État, [par lesquelles la (prédécesseure du) ministre a] pris l’engagement de ne pas retirer le poste supplémentaire d’enseignant attribué à l’école de Lenoncourt [et de Rogéville] » ; notant qu’« elle n’entend pas se désister de ses pourvois, [pour susciter] un cadre susceptible d’éclairer, à l’avenir, les juges des référés statuant sur de semblables affaires (…), susceptibles de se multiplier compte tenu de la baisse continue de la démographie scolaire », le rapporteur public proposait avec succès d’intégrer à un contrôle juridictionnel déjà « restreint » (à l’erreur manifeste d’appréciation) les considérations « mises en avant par le recteur en défense » (pp. 2, 3 et 4 [je souligne] ; v. le cons. 3 [4 dans la seconde décision]).

Dans l’une de ses premières interventions relatives aux établissements privés, Édouard Geffray réussit la prouesse de ne jamais prononcer le mot « catholique » mais évoque les « libertés constitutionnelles qui sont garanties » (BFMTV le 30, à partir de 3 min. 30) ; il paraît s’être retenu de préciser qu’il défend la liberté de l’enseignement, qui est avant tout celle de ces établissements : « légaliste comme garçon », il s’abstiendra de citer la loi Debré et) vient à son tour se référer à « l’école » comme si n’existait pas en France le dualisme scolaire qu’il venait d’être contraint de reconnaître – en révélant que « certains de [s]es enfants sont dans le privé ».

Mathilde Goanec et David Perrotin s’apprêtaient à publier cette « information d’intérêt public », une autre étant « le travail de sa compagne, professeure agrégée de français dans un lycée catholique privé du Val-d’Oise. (…) Lors de son interview – et alors que le ministre n’a encore rien dit de la situation de ses enfants –, le bandeau affiché par les équipes de BFMTV le devance. « Les révélations du ministre de l’éducation », peut-on voir à l’écran [dès] le début », ce qui laisse penser que les questions et les réponses avaient été échangées auparavant. « Relancé sur ce point, Guillaume Daret n’a plus souhaité répondre » (« Scolarisation de ses enfants dans le privé : le ministre de l’éducation démine la polémique avec l’aide de BFMTV », Mediapart 15 nov. 2025, citant in fine un haut fonctionnaire qui, bien que laudatif, « n’hésite pas à évoquer comme d’autres la prédominance des « Versaillais » rue de Grenelle, depuis sa nomination »).

En décembre, Justine Leblond écrit pour ICI Isère : « La laïcité et la santé mentale étaient au cœur du déplacement du ministre de l’Éducation nationale, ce vendredi 12 décembre, en Isère. Édouard Geffray a débuté sa journée par une visite du lycée Pablo Neruda, à Saint-Martin-d’Hères (…). Sa visite iséroise s’est poursuivie à Grenoble, au lycée Louise Michel, où il a déjeuné avec les élèves et participé à un échange autour de la laïcité, à l’occasion des 120 ans de la loi de 1905. « C’est un établissement qui a été confronté à des mises en cause assez sévères du principe de la laïcité il y a quelques années (…) », rappelle [le ministre] » (article cité sous l’illustration supra, passage souligné dans le texte) ; il y a quelques années, le juge administratif remettait en cause la jurisprudence relative à cette loi de séparation des Églises et de l’État (pas des élèves et de l’école publique…), avec l’assentiment du rapporteur public Édouard Geffray : v. la note 33 de mon billet du 31 janv. 2020, En marche vers les municipales (1). Étude(s) d’impact et Conseil(s) d’État (laïque ?).

Note créée fin novembre 2025, stabilisée le 3 déc., complétée le 15 (en ajoutant l’illustration) ; forme des quatrième et dernier paragraphes modifiée marginalement dans les tous premiers jours de janv.