Je commence à alimenter cette note en 2026, en remontant potentiellement à mes billets d’actualités en 2018 (mais en commençant par la période déc. 2023 à 2025).
Après avoir interrompu ces publications pendant près de trois ans, celui du 31 déc. 2023, Sécurité sociale et école inclusive (à partir de deux décisions du Conseil constitutionnel), se terminait par une citation pointant le rôle des « têtes d’affiche des médias du groupe Bolloré (…) Cyril Hanouna et Pascal Praud, ou le chroniqueur Mathieu Bock-Côté » (notes 9 et 10).
[Paragraphes réservés].
Dans ma note relative au ministre Édouard Geffray, v. les cinq et sixième paragraphes, en citant Mathilde Goanec et David Perrotin, « Scolarisation de ses enfants dans le privé : le ministre de l’éducation démine la polémique avec l’aide de BFMTV [30 oct. 2025] », Mediapart 15 nov.
Compléments au fil de l’eau, avec d’abord cet extrait de France info le dimanche 9 nov. (x.com/denkinte_2), largement relayé sur les réseaux.
Neuf jours plus tard, Francesca Albanese, rapporteure de l’ONU sur les territoires palestiniens, était l’invitée des Matins de France Culture, « Je suis pro-droits humains », radiofrance.fr le 18 (podcast de 39 min. ; v. aussi la note Gaza) : « Cet entretien a suscité de nombreuses réactions » (mediateur.radiofrance.com le 21 ; Pauline Bock, « Erner face à Albanese : retour sur une interview « radicale » », politis.fr le 24).
État des lieux du rapport à l’islam et à l’islamisme des musulmans de France, ifop.com le 18, avec d’une part Marie Turcan, « Musulmans de France : les failles d’un sondage choc », Mediapart le 20 (avec un encadré de Yann Philippin rappelant qu’il « a été commandé et payé par Écran de veille, qui se présente comme « le mensuel pour résister aux fanatismes ». Il consacre l’essentiel de ses articles à la critique de « l’entrisme islamiste », des « Frères musulmans » et du Qatar, c’est-à-dire aux ennemis des Émirats arabes unis (ÉAU)1V. depuis Ilyes Ramdani et Antton Rouget, « Frères musulmans : le plan secret des Émirats pour influencer le débat public français », Mediapart 18 janv. 2026 : « Adressé le 18 août 2025 par la direction Europe du ministère des affaires étrangères au numéro deux de l’ambassade en France, Ahmed al-Mulla, le document que révèle Mediapart est un véritable plan de court et moyen terme, visant à aligner les vues des pouvoirs publics français sur celles d’Abou Dhabi. La France, « Target Country » (« pays cible ») selon la terminologie de cette note confidentielle, est décrite comme un terrain propice à une opération d’influence : « L’environnement politique et médiatique en France est de plus en plus favorable à une surveillance renforcée des Frères musulmans et des réseaux islamistes qui leur sont liés », note la diplomatie émiratie, avant de souligner que « le centre et la droite ont convergé sur la nécessité de restreindre l’influence de l’islam politique ». (…) La presse est partie prenante de la stratégie déployée dans le document, qui insiste sur le « rôle essentiel » que joue le paysage médiatique français dans « la construction de l’opinion publique » sur les Frères musulmans. La diplomatie des Émirats se félicite ainsi que Le Figaro, L’Express et Marianne décrivent la confrérie comme « opaque, sectaire et incompatible avec les principes républicains » ».. Bien que confidentiel, le magazine est suffisamment riche pour s’offrir des sondages (comme en 2022 sur les « enseignants face à l’expression du fait religieux ») et des campagnes de publicité sur les kiosques parisiens. Comme l’a révélé Mediapart en 2023, Atmane Tazaghart, directeur de la rédaction d’Écran de veille, a été payé par un centre de recherche des ÉAU. Il fournissait aussi des informations à un espion émirati, lequel pilotait au même moment une vaste opération d’ingérence et de désinformation en Europe, par l’intermédiaire de l’officine de renseignement suisse Alp Services »).
D’autre part, les réactions de Rokhaya Diallo, « Les musulmans toujours à la porte de l’histoire nationale », Mediapart le 27 : « Lʼislam est la seule religion dont les formes intégristes et dérives violentes sont désignées par un dérivé de son nom (« islamisme »), comme si le mal lui était intrinsèque (on parle de « chrétien·nes intégristes », de « juifs ou juives extrémistes » et non de « christianistes » ou « judéistes »). C’est sans doute pour cela que l’on use des vocables de « musulman·es modéré·es » pour désigner les musulman·es non extrémistes » ; Virginie Riva sur Public Sénat, extrait sur x.com le 22 ; « Quatre associations du culte musulman portent plainte après la publication d’un sondage Ifop sur les fidèles de l’islam en France », liberation.fr (avec AFP) le 24 (les CDCM du Loiret, de l’Aube, des Bouches-du-Rhône et de Seine-et-Marne, représentés par Raphaël Kempf et Romain Ruiz) ; Franck Frégosi, Patrick Simon et Vincent Tiberj (entretien avec, par David Bornstein), « Musulmans de France, religiosité, islamisme : les chiffres contestés de l’enquête Ifop », theconversation.com le 26 (le premier invite à prêter « attention aux biais de lecture » ; le deuxième cite les enquête Trajectoires et Origines (TeO 1 [2008-2009] et TeO 2 [2019-2020], dont la comparaison « permet de constater une stabilité », voire « même une légère diminution de la religiosité » ; le troisième renvoie à l’enquête Sarcelles, réalisée en 2019 avec Nonna Mayer, constatant « que les musulmans demandent majoritairement une école publique sans éducation religieuse »).
« Marie-Hélène Thoraval en guest star dans la nouvelle émission de CNews devant un public de 4 000 personnes », ledauphine.com le 21 : mardi 25 à 20h, la maire de Romans-sur-Isère « sera face aux journalistes des médias Bolloré (Cnews, JDD et Europe 1) : Geoffroy Lejeune, Charlotte d’Ornellas, Jules Torres, Christine Kelly… ».
Adrien Franque, « Pascal Praud, un animateur féru de X : comptes trumpistes ou mileistes, fake news conspirationnistes… », liberation.fr le 21 (extrait, à propos de Gabriel Zucman).
« Pluralisme en France : sur CNews, le grand contournement », rsf.org le 26 (enquête sur le « mois de mars 2025, au regard des nouveaux critères de mesure du pluralisme à l’antenne établis par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique », l’Arcom ; pour Reporters sans frontières, la chaîne « s’éloigne de manière flagrante et systématique du cadre imposé depuis juillet 2024 ») : « En résumé, la gauche arrive largement en tête pendant que les Français dorment et l’extrême droite occupe, et de loin, la première position aux heures de grande écoute. Le grand écart est vertigineux » ; « Les débats sur l’islamisme, les questions identitaires et l’immigration y sont sept fois plus présents que sur les autres chaînes, et l’insécurité y reçoit trois à quatre fois plus de couverture (…). Tous additionnés, la santé, l’écologie, le pouvoir d’achat ou encore l’éducation, des sujets régulièrement cités parmi les premières préoccupations des Français, occupent moins de 4 % du temps d’antenne sur l’ensemble des différentes chaînes ».
Daniel Schneidermann, « CNews : le jour où l’ARCOM a basculé dans une réalité parallèle », arretsurimages.net le 28 ; « L’ARCOM à la rescousse du Sénat contre France 2 », 3 déc.
Ellen Salvi, « Le « LFI-bashing », nouveau filon de l’édition française », Mediapart 9 déc. 2025 (avec un encadré relatif au livre de Charlotte Belaïch et Olivier Pérou, La Meute, Flammarion : il « dépasse les 120 000 exemplaires vendus » et constitue l’« un des plus gros succès éditoriaux de la rentrée de septembre », si bien qu’une « édition en format poche » est prévue, « avec quelques chapitres inédits » – pour qu’il soit sûr qu’elle suscite bien les reprises attendues) : « Dans un marché du « livre-document » dominé par les ouvrages de personnalités d’extrême droite comme Philippe de Villiers, Éric Zemmour ou Jordan Bardella, tous édités chez Fayard, les publications de Nora Bussigny et Omar Youssef Souleimane se sont frayé une bonne place dans les classements des ventes. À ce jour, Les Nouveaux Antisémites [Albin Michel] s’est écoulé à plus de 16 000 exemplaires, tandis que Les Complices du mal [Plon] a franchi la barre des 69 000 exemplaires vendus en l’espace de deux mois. Un succès accompagné par la « bollosphère » qui n’a cessé de promouvoir ces deux textes, dont le dénominateur commun n’est pas tant de proposer un débat approfondi et exigeant sur la haine antisémite [v. ma note à venir sur l’antisémitisme] (…), mais bien de pointer la responsabilité de LFI en la matière » ; « Cette évolution éditoriale, qui tend à mettre en avant des publications surfant sur les thématiques phares de la « bollosphère », gagne des maisons historiques, au détriment d’ouvrages plus sérieux reposant sur des travaux de chercheurs et de chercheuses. Elle inquiète au sein d’un milieu en proie, comme les médias, à un grave problème de concentration. Aujourd’hui, cinq groupes détiennent les trois quarts du secteur de l’édition. Le plus puissant d’entre eux, Hachette, appartient à Vincent Bolloré ».
« Mélenchon et LFI traités d’antisémites : l’Arcom intervient auprès de Radio J et de RMC », liberation.fr 30 déc. : « L’autorité de régulation de l’audiovisuel a annoncé ce mardi 30 décembre avoir mis en garde la station Radio J à la suite d’un numéro des Enfants de la République, émission animée par Frédéric Haziza, diffusé sur son antenne le 25 mai. L’invité du jour était l’ancien président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) Alain Jakubowicz » ; « autre sanction, pécuniaire celle-ci [et symbolique (1 euro)], visant la chaîne RMC Story et la station RMC. Au cours d’une émission des Grandes Gueules diffusée le 12 novembre 2024 sur ces deux canaux, propriétés du groupe CMA CGM, « ont été évoqués durant plus de six minutes des propos présentés comme reflétant “l’antisémitisme décomplexé” d’un élu » dont il avait été dit qu’il était conseiller municipal LFI. Or, relève l’Arcom, « il n’était pas membre de ce parti ». (…) De quoi constituer un manquement aux obligations « d’honnêteté et de rigueur dans la présentation et le traitement de l’information » ».
[Paragraphes réservés].
Asso Hassan Zadeh, « Reza Pahlavi est loin d’être une figure fédératrice dans la société iranienne », Le Monde 17 janv. 2026, p. 28 (extrait) : « la France reste l’un des rares pays d’Europe où les réseaux promonarchistes iraniens disposent d’une influence notable auprès des médias et de certaines élites politiques » ; cela « réduit la société iranienne à une opposition binaire entre régime islamique et figure monarchique recyclée en symbole démocratique. (…) Offrir une tribune est toujours un acte politique. À l’heure où l’Iran traverse des moments aussi douloureux que déterminants, la responsabilité des médias français consiste d’abord à rendre visible les forces réelles du changement, telles qu’elles existent sur le terrain » (c’est toujours moi qui souligne ; v. la note Iran).
Mathilde Mathieu et David Perrotin, « Le directeur de l’information de CNews condamné pour des violences sur ses trois enfants », Mediapart le 26 janv. (« entre 2017 et 2023 », en déc. 2025 « à quatre mois de prison avec sursis (…). Il a fait appel » de ce jugement et adressé, le 2 févr., un droit de réponse s’appuyant sur « des motifs retenus par le Tribunal, omis dans l’article » ; il en ressort notamment qu’avant le 15 septembre 2023, « aucun grief de la sorte n’est fait à Monsieur BAUDER, tant par Madame T. dans les conversations WhatsApp entre les deux parents depuis 2020 produites par le conseil du prévenu, que dans les différentes décisions rendues par le juge aux affaires familiales depuis 2017 ». Le journal se justifie d’avoir décidé « de faire état d’une décision de justice », eu égard au caractère d’intérêt général des « violences éducatives ordinaires »2Sur la « lutte contre les VEO », v. par ex. Pauline Proboeuf, Aux frontières de l’école. Les choix parentaux en matière d’instruction « alternative », thèse de sociologie, IEP de Paris, 2021, 574 p. (en ligne depuis theses.fr), pp. 131 à 134, spéc. 132, avec les références citées (les « figures de proue de la parentalité positive telles qu’Isabelle Filliozat ou Catherine Gueguen », le sont plus récemment par Béatrice Kammerer, « L’enfantisme, la nouvelle cause des enfants », scienceshumaines.com 20 avr. 2025, extrait [re-titré ce 3 févr. « Les enfants sont-ils discriminés ? »] ; dans la même revue 9 déc.-25 janv. 2026, v. Marc Olano, « Le rôle du père pour les psychologues, de Freud à Filliozat », extrait)., d’une part – en renvoyant à un article publié douze jours avant3Mathilde Mathieu, « Violences sur les enfants : il n’existe pas de « droit de correction », affirme la Cour de cassation », publié sur Mediapart le soir-même de Crim., 14 janv. 2026, n° 24-83.360 ; v. les points 19 à 27 ; dalloz-actualite.fr le 28, obs. Florian Watier (extrait) ; actu-juridique.fr le 19, obs. Patrick Lingibé, qui remarque dans son deuxième point les références à l’article 19 de la Convention internationale des droits de l’enfant du 20 novembre 1989 » (CIDE) et aux « observations générales n° 13 formulées par le Comité des droits de l’enfant des Nations unies le 18 avril 2011 » (points 25-26 de l’arrêt). L’article 28 n’est pas mentionné, pas plus que les autres textes relatifs au droit à l’éducation ; comparer ma thèse (2017, pp. 917 à 919). ; d’autre part, au fait que « Thomas Bauder est bien une personnalité publique ». L’article a retenu mon attention en ce qu’il en cite une autre, Hugues Moutouh, en rappelant ses propos « pendant les révoltes urbaines qui ont eu lieu après la mort de Nahel Merzouk, tué par un policier, en juillet 2023 » [v. le lien qui suit l’un des passages en gras de cette note], et surtout ceux tenus sur la chaîne juste après : « « Ce qu’il a dit, c’est plein de bon sens », défend alors Pascal Praud. « Moi je pense qu’il n’a pas tort », embraie Jean-Marc Morandini. Sur le plateau de Sonia Mabrouk, un général salue ce « préfet courageux » d’avoir exprimé « du bon sens premier », et le plateau tout entier moque cette polémique »…).
Analysant « 60 Unes publiées par Marianne dans les 10 dernières années », v. Seumboy, « Qui a peur des « Racialistes » ? », histoirescrepues.fr 4 févr. 2026 ; version vidéo titrée « Comment le racisme divise la gauche ? », 13 min.
« Mort de Quentin Deranque : guerre des mots, guerre des images », arretsurimages.net le 20 (avec « l’avocate au barreau de Seine-Saint-Denis, Elsa Marcel, l’historien Nicolas Offenstadt et la journaliste de Rue89 Lyon, Marie Allenou).
« Prononciation d’Epstein : « le Figaro » a-t-il modifié en douce un article pour enfoncer Mélenchon ? », liberation.fr/checknews le 27 (extrait).
Inès Florentin, « Les médias du monde entier parlent de l’affaire Epstein… mais le récit n’est pas le même, et on oublie parfois les victimes », ouest-france.fr 2 mars : « Dans certains cas, des e-mails apparaissent puis disparaissent après vérification ou correction, illustrant la difficulté d’établir des faits fiables ».
Note créée le 25 janv., complétée les 1er et 3 févr., puis les 1er et 3 mars.
Notes
| ↑1 | V. depuis Ilyes Ramdani et Antton Rouget, « Frères musulmans : le plan secret des Émirats pour influencer le débat public français », Mediapart 18 janv. 2026 : « Adressé le 18 août 2025 par la direction Europe du ministère des affaires étrangères au numéro deux de l’ambassade en France, Ahmed al-Mulla, le document que révèle Mediapart est un véritable plan de court et moyen terme, visant à aligner les vues des pouvoirs publics français sur celles d’Abou Dhabi. La France, « Target Country » (« pays cible ») selon la terminologie de cette note confidentielle, est décrite comme un terrain propice à une opération d’influence : « L’environnement politique et médiatique en France est de plus en plus favorable à une surveillance renforcée des Frères musulmans et des réseaux islamistes qui leur sont liés », note la diplomatie émiratie, avant de souligner que « le centre et la droite ont convergé sur la nécessité de restreindre l’influence de l’islam politique ». (…) La presse est partie prenante de la stratégie déployée dans le document, qui insiste sur le « rôle essentiel » que joue le paysage médiatique français dans « la construction de l’opinion publique » sur les Frères musulmans. La diplomatie des Émirats se félicite ainsi que Le Figaro, L’Express et Marianne décrivent la confrérie comme « opaque, sectaire et incompatible avec les principes républicains » ». |
| ↑2 | Sur la « lutte contre les VEO », v. par ex. Pauline Proboeuf, Aux frontières de l’école. Les choix parentaux en matière d’instruction « alternative », thèse de sociologie, IEP de Paris, 2021, 574 p. (en ligne depuis theses.fr), pp. 131 à 134, spéc. 132, avec les références citées (les « figures de proue de la parentalité positive telles qu’Isabelle Filliozat ou Catherine Gueguen », le sont plus récemment par Béatrice Kammerer, « L’enfantisme, la nouvelle cause des enfants », scienceshumaines.com 20 avr. 2025, extrait [re-titré ce 3 févr. « Les enfants sont-ils discriminés ? »] ; dans la même revue 9 déc.-25 janv. 2026, v. Marc Olano, « Le rôle du père pour les psychologues, de Freud à Filliozat », extrait). |
| ↑3 | Mathilde Mathieu, « Violences sur les enfants : il n’existe pas de « droit de correction », affirme la Cour de cassation », publié sur Mediapart le soir-même de Crim., 14 janv. 2026, n° 24-83.360 ; v. les points 19 à 27 ; dalloz-actualite.fr le 28, obs. Florian Watier (extrait) ; actu-juridique.fr le 19, obs. Patrick Lingibé, qui remarque dans son deuxième point les références à l’article 19 de la Convention internationale des droits de l’enfant du 20 novembre 1989 » (CIDE) et aux « observations générales n° 13 formulées par le Comité des droits de l’enfant des Nations unies le 18 avril 2011 » (points 25-26 de l’arrêt). L’article 28 n’est pas mentionné, pas plus que les autres textes relatifs au droit à l’éducation ; comparer ma thèse (2017, pp. 917 à 919). |

